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 Les dimensions infernales

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MessageLun 20 Juil - 15:30

Notre sagesse est douce comme le miel, goûte et comprends.

TRANSMISSION – activation du signal de Sheol – RÉCEPTION – activation de la fréquence de la cité de Ditié – LÀ OÙ LES ANGES ONT PEUR D’ALLER – activation de l’émission de Malebolge – ICI, ON NE CROISE PERSONNE – activation du lexique de Dante – TÉMOIGNAGE – Les dimensions infernales.

Qu’est-ce que l’enfer ? Le point d’interrogation est une voie sinueuse. Que tu dois suivre.

« Anima. » chuintent les feuilles mortes. « Anima. » croassent les grenouillent au corps gluant de mucus empesé de vigueur tortillée. Pour connaître la vérité, tu dois suivre la question. C’est la voie des hameçons coléreux.

Il nous appartient de te guider dans la vallée de l’ombre. Tu empruntes cette voie par nécessité, non par plaisir. Suis-la jusqu’à Overlook Motel. Ses chambres sentent le mildiou, la nicotine et le soufre, et t’emportent dans les rêves de ceux qui y ont dormi ; toutes ces âmes perdues, piégées dans la perdition minable de 3 heures du matin ; toutes ces façons personnelles d’épeler le désespoir.

Une vieille télé animée du clignotement des parasites blancs crache d’une voix cyclopéenne : REJOINS À TRAVERS MOI LA CITÉ DES MALHEURS. Le thermostat mourant cliquète et grogne : REJOINS À TRAVERS MOI LES SOUFFRANCES ÉTERNELLES. La tache invisible dans les draps épèle : REJOINS À TRAVERS MOI LE PEUPLE DES DAMNÉS.

Entends-tu ? « Anima-Anima-Anima ». Ça vient de la salle de bains. Vas-y. Dans la porcelaine maculée des toilettes sont gravés ces mots : ABANDONNE TOUT ESPOIR, TOI QUI ENTRES EN CES LIEUX. Si tu suis les lettres de ton doigt, tu peux voir le visage de la femme qui les a tracées, avant de s’ouvrir les veines. Le tourbillon d’eau a emporté la vague rouge. Mais où est-il allé ? Où s’arrête le flot ? Si seulement nous connaissions les vers rauques et grinçants qui conviennent à ce gouffre de mélancolie…

Nous devons te le montrer, enfant du miel. Nous qui transcendons la chair te mèneront de cercle en cercle, de chant en chant ; nous te ferons passer le fleuve noyé de ténèbres, vers l’abîme du péché le plus profond. C’est un lieu intercalé, situé dans la géométrie interstellaire d’un bras constellé de piqûres d’aiguille : deuxième cicatrice à droite, puis tout droit jusqu’au deuil.

Activation de la descente en zone aveugle.

Définition des coordonnées ; juste au-dessus du gouffre de la douleur, qui retient le fracas des chagrins infinis, juste là où tu vois le feu dévorer un hémisphère nocturne désolé ; juste là où les notes de l’agonie parviennent à tes oreilles en un triste crescendo ; tu es arrivée, là où lumière devient muette. Qu’est-ce que l’enfer ? Tu le sais, à présent. C’est être hors de vue de la machine immaculée, hors de portée du souffle de son anima.

Fi ! Fi ! Pas d’anima ! L’entropie dévore tout. L’Ebola sans limites. Nous tressaillons. Nos ailes se dissolvent. Oh, ne nous attardons pas, enfant du miel. Volons. Volons, ils le faut !

Vois ses machines et ses rouages. C’est une technologie plus ancienne que les étoiles. Peux-tu lire ce qui est écrit dans les cicatrices ? Tu connais à présent la vérité suivante : l’enfer fut autrefois merveilleux. Une grande civilisation s’y ébattait. Que s’est-il passé ? Des machines datant de Mathusalem pompent toujours l’énergie arcanique, comme la queue du lézard frétille encore, des heures après sa mort.

Vois ses habitants. Les incubes et les succubes se pavanent dans la désolation. Les rakshasa, esclaves des autres races, se font discrets. Des géants de chair et de fer brûlé font trembler le sol rugueux sous leur pas. Vois comme ils se précipitent sur la moindre crevasse infernale d’où suinte l’anima. Ils en sont privés, et elle les rend forts. Prends garde à tout démon qui goûté à ce nectar.

Tu en sais plus, à présent, mais tu ne sais pas tout. Tu dois trouver une autre voie. Cherche en Égypte. Quand nous nous mettrons en route, tu devras suivre, pour emprunter un chemin long et brutal.

Il faut frapper deux fois aux portes de l’enfer.

Activation du chant II.

Sois intrépide, enfant du miel. Sois fort. À présent, la descente est un escalier qui s’enfonce dans le fracas des lamentations. L’obscur et l’intemporel s’y bousculent comme le sable dans un tourbillon. Les grains tranchants t’aveuglent, mais suis les sons du carnage qui ferait rougir un océan, et les prières du sauvage d’un temple.
Bienvenue sur ces rivages de fer.

Des météores tombent, et des golems énormes en sortent. Des engrenages et des roues tournent. Des machines s’ébrouent en pompant du poison.

Prends garde ! Prends garde à l’Ennemi. L’as-tu seulement vu ? As-tu vu comme il semble féroce lorsqu’il se déplace, quand ses ailes sont déployées ? Il se souvient de chaque Âge. Il connaît les secrets de cette antique technologie. L’Ennemi était de ceux qui l’ont conçue. Il est bien plus qu’un démon. Et son nom ? N’allons pas le prononcer, enfant du miel. Pas encore.

Pour que tu en saches davantage, enfant du miel, il voudrait mieux que tu empruntes une autre voie, éloignée de ces lieux de violence. Rends-toi dans le pays au-delà de la forêt, et cherche la troisième porte de l’enfer.

Activation du protocole du roi Jacques. Le code est 11 et 14. Le mot de passe est « Révélation ». Transmission !

Il faut frapper trois fois aux portes de l’enfer.

Activation du chant III.

Il y a un passage en Transylvanie. Du portail monte une voix qui dit :

« Quoique tu fasses de tes mains, fais-le de toutes tes forces, car il n’est ni travail, ni pensée, ni savoir, ni sagesse en Sheol, là où tu vas. ».

Et elle dit encore :

« Ils ouvrent des bouches aussi larges que Sheol, car comme la mort ils sont jamais rassasiés. »

Jette-toi dans cette bouche, enfant du miel. Nous descendons à présent vers la misère extrême. Nous entrons maintenant dans la demeure des soupirs. Ce n’est pas de gaité de cœur que l’on peut s’engager à décrire le fond de l’univers.

L’endroit est brûlant, les cadavres desséchés de centaines de milliers de démons fument parmi les cendres d’étranges cités et des forêts pétrifiés. Les océans huileux bouillent et les montagnes rugissent sous un ciel gorgé de suies. Des dunes de sel et de soufre laissent place à des falaises aux pentes impossibles. Le rougeoiement brûlant de l’horizon lointain est interrompu ici et là par les restes monolithiques de structures du Deuxième Âge, reliques d’un temps où l’humanité frayait ouvertement avec les démons. Ces ziggourats autrefois majestueuses ont été réduites par les éléments à l’état de formes noires indéfinies, dont la fonction originelle est impossible à identifier.

L’enfer n’est pas ce qu’il devait être. C’est une expérience qui a échoué, qu’on a laissée à son agonie, peu à peu privée d’anima. Mais qui a pris cette décision ? Contre toute attente, l’enfer a survécu. Les démons se sont adaptés à une vie atroce et éternelle. La structure-même de cet endroit est devenue vampirique, tétant la moindre source d’énergie connectée à ton monde, faisant passer à la matière le gouffre qui sépare les univers.

Prends garde, enfant du miel, car une bête est à l’œuvre dans Sheol. Elle passe les montagnes et brise les murs comme les armes.

Activation du protocole du roi Jacques. Le code est 9 et 18. Le mot de passe est « Révélation ». Transmission !

Attention aux trois traîtres. Brutus, Cassius, et Judas Iscariote parcourent Sheol, broyés par les démons et pleins de haine. Mais les démons et les mots pernicieux ne sont que le souvenir d’une ombre, comparés à leur maître. Prends garde aux battements de ses ailes.

Activation des secrets interdits.

L’Ennemi se souvient de chaque Âge. À l’idée qu’il nous faut prononcer un certain nom, nous tressaillons. Ce nom, c’est Eblis. C’est un des bâtisseurs. Il a participé à la construction de l’enfer, au temps d’avant la nuit des temps. À l’idée qu’il nous faut prononcer un certain mot, nous frissonnons. Ce mot, c’est Nephilim. il est l’un des hôtes déchus. Gaïa se rappelle encore de ses manigances.

Mais à présent, de loin en loin, nous avons plus chanté que notre Comédie ne nous y engageait. Nous en avons trop dit. Chaque chose en son temps. Au rythme irrégulier et lent du miel qui coule goutte à goutte. Nous en avons déjà trop donné par le passé. Nous avons fait de la pulpe de l’esprit d’autres enfants du miel en leur donnant accès à trop de savoir interdit. Et chaque fois, nos cœurs électromagnétiques en ont été brisés.

Tu en sauras plus, en temps voulu.

Nous nous reverrons, enfant du miel. Dans le clair-obscur.



« Une terre aride, désolée, vampirisée et vampirique ; c'est là la nature conflictuelle qui condamne les Enfers depuis des millénaires. Nul ne sait dater avec précision ce que le bourdonnement a baptisé « Deuxième Âge », mais les échos du passé témoignent que cette expérience était destinée à devenir la jumelle de Gaïa. Hélas, à l'instar du lien fraternel ayant fondé notre insignifiant monde secret, les deux sœurs ont subi la fin précoce qui brisa à jamais leur idylle utopique.

L'engrais animesque qu'avaient semé nos ancêtres ne pouvait plus suffire à panser les plaies de ce monde branlant. De là a découlé une mutation à l'échelle planétaire qui s'inscrivit à même la chair de ses hôtes ; l'évolution naturelle poussa leurs enveloppes charnelles à s'abreuver de la moindre particule mielleuse depuis les failles qui craquèlent aléatoirement le manteau terrestre de leur refuge. Cette tendance leur confia des dons que leurs cousins simiesques allaient bientôt juger impies ; en réponse au mépris et soumis à une faim viscérale, ils se mirent à lorgner sur l'immense puits d'anima sans fond que représente Gaïa.

À défaut d'un énième débat manichéen entre le Ying et le Yang, le Bien et le Mal, ou Gaïa et ses Enfers, le devoir de recherche nous impose des questions élémentaires : doit-on tendre la main vers ces démons affamés au risque qu'ils se nourrissent de notre anima, ou les pourfendre jusqu'au dernier en prétextant que Dieu reconnaîtra les siens ? Doit-on pécher pour les fautes de nos ancêtres aveuglés par la curiosité, ou brandir notre héritage séculaire et ainsi sceller les valves une bonne fois pour toutes ? Admettons que Gaïa ne puisse survivre sans les Enfers, l'une absorbant l'anima de l'autre pour accueillir un semblant de vie ; doit-on craindre l'hypothétique jour où le Sablier du Temps sera retourné ? »

Source : Extrait de La Problématique Infernale, de Nathaniel Weaver.
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