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 Le Dieu Cornu | Sept. 2008 (PV. Jake Turner & Ellie Williams)

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MessageMer 2 Sep - 12:49

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The Horned God. Une auberge tout à fait atypique, quand on y pense. Chauvin à l'extrême, qui tire ses inspirations d'une légende arthurienne déterrée par les arts au fil des âges, et cela pour le plus grand bonheur des clients. Et pourtant, après tous ces siècles, rien n'a vraiment changé : les chevaliers parcourent toujours les rues, arborant un rouge criard à la place d'armures vaguement neuves ; les non-humains se cachent toujours de la population, protégés par l'ombre de ces bons samaritains qui siègent à la table ronde, et dont le cœur recherche l'héroïsme traduit en strophes dans quelques balades. Rien n'a changé, vraiment... mise à part que vampires et goules ont remplacé fées et leprechauns, ces derniers s'exilant dans l'inconnu par faute d'alliances.

Bienvenue dans le troisième millénaire. Dans un monde secret en proie au changement, sous le signe de manigances et de raccourcis vers le pouvoir. Je suis dans le coup depuis bien trop longtemps pour rester idéaliste mais, devant dette nouvelle génération en pleine ébullition, je ne peux qu'espérer que les temps changent, que le Conseil de Venise se greffe une autorité à l'entre-jambes et que les conflits se terminent. Pour le bien de Gaïa.

Quelque chose te tourmente, Nathaniel ? Tu n'as pas dit un mot depuis notre arrivée. Si cela peut te rassurer, ce n'est pas mieux au ciel - si tenté que tu veuilles disparaître en fumée.

Je jette un coup d’œil au fourreau déposé contre la table, elle-même placée dans un coin de la salle, seule, sinon accompagnée d'un Templier cinquantenaire, d'un cendrier, et d'un verre de Scotch. De succinctes inspirations, j'embrase le tabac d'un cigare que je coince entre mes dents.

Désolé, Sidī. Tu sais bien que j'ai tendance à oublier ta présence.
Et la vraie raison de ton silence ?

Je dépose le cigare sur le cendrier, avale une demi-gorgée de Whisky.

Ma nièce a encore fait des siennes. Une rixe dans le marché noir de Darkside, sous prétexte que Dante avait insisté pour lui faire goûter une nouvelle "viande". Foutu Dante... Des années qu'il se baigne dans la crasse du sous-Londres. Y a-t-il vraiment encore des gens pour goûter à ses expériences ?
J'ai bien eu le temps de vous observer, parasites humains : qu'importe le flacon pourvu que vous ayez l'ivresse.
Ses tacos ont du goût, c'est indéniable.

Une jeune femme m'épie. Je perçois une once de moquerie dans son sourire narquois, le sourcil haussé en guise d'incompréhension. Après toutes les bizarreries dont elle a dû entendre parler, converser avec une épée est-il si drôle ? Elle détourne le regard alors que j'insiste sur le mien.

Tout ça m'a donné faim, d'ailleurs.

Je hèle la serveuse. Une fée, ou bien ce qui s'en rapproche le plus, dotée d'une paire d'ailes translucides sur le dos. Un costume de scène pour rester dans le thème, répandant quelques paillettes sur un comptoir constamment agressé de coups de chiffons. La fille doit être à peine majeure. Elle s'approche.

Que souhaitez-vous, mon bon chevalier ? dit-elle tout sourire.
Des cacahuètes, je vous prie. Et offrez un verre à cet homme, là-bas.

Je pointe du doigt un homme d'une trentaine d'années, puis glisse un petit mot écrit à la va-vite à la serveuse : "Bien loin de sa ruche de verre et d'acier ? - N. Weaver". Je remercie mon courrier ; elle se retire aussitôt.

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MessageMer 2 Sep - 19:58

A Londres, fais comme les Templiers. Prends ton air snob et bombe le torse ! Ne souris pas, les rosbifs font tous la gueule. Ils peuvent bien crier au cliché, il pleut tellement que t'as même plus envie de regarder par la fenêtre. Pour faire plus vrai, tu peux beugler Goddam à toutes les sauces, puis te voilà parfait gardien de la veuve.

J'ai pas de vendetta contre les anglais, loin de là. Jake Turner est un homme tolérant. Il ne juge pas l'homme car il boit le thé à l'heure du hamburger, oh non. La preuve, je consomme british ! Je fais tourner le commerce, je verse des prestations au dieu cornu, comme on le dit à la Londonienne. Je suis poli, surtout avec les jeunes filles. Celle qui m'a abordé faisait la gueule, j'aurai préféré le petit papillon plus bas. Mais pas de panique, Jake Turner est un homme tolérant.

Je tapote mon index sur la table ronde.

J'observe les lieux, bien las pour un début de matinée. Première fois pour moi ! J'inaugure l'étage, rien de bien passionnant. Les tables sont un peu à l'écart de la dancefloor, pas trop isolées non plus. Le bar est à portée d'yeux, assez pour constater l'énormité. Eh oui ! Il y a eu une erreur, vieille friponne. Ouvre la bouche, laisse-moi te rappeler ta place.

Votre café Latte, monsieur Turner.
Elle se penche, dépose la tasse sur la table. C'est tout ce dont vous aviez besoin ?

Eh bien, non. Je me racle la gorge. Dites-moi, miss. Vous savez voler ?

Euh.. non ? Pas vraiment, monsieur. Elle semble gênée, interloquée.

Moi non plus. Je souris. Par contre, je sais préparer un café Latte. Je me penche par-dessus la tasse. Ceci est -approximativement- un cappuccino, soit dans l'ordre quarante-cinq pour cent d'espresso, quinze pour cent de steamed milk et quarante pour cent de milk foam.

Vous êtes sûr ?

Oui. Je pousse un long soupir, m'enfonçant dans la banquette. Un Latte comporte quarante pour cent de steamed milk et quinze pour cent de milk foam, miss. C'est le contraire.

Elle vire au rouge tomate. Je suis.. désolée ! Je vais changer cela immédiat-

C'est bon, laissez. Je me lève. Je migre vers le rez-de-chaussée, parait qu'il y a des journaux en libre service.

Je décolle, pas vraiment désolé. Faut dire qu'elle assurait pas trop, la minette. En bas, pas grand-monde non plus, mais bien assez pour faire tourner boutique. Élan de motivation, je me saisis d'un journal et pose mon derrière sur le tabouret. Question d'habitude, je jauge toute la salle d'un bref regard, assez bref pour voir qu'un vieux monsieur m'a cash eu dans le collimateur en entrant. Pas trop le temps de m'en inquiéter, je lis les news, histoire de patienter le temps que le barman termine sa petite affaire. Passivement, j'entends que le gars commande, puis je perçois la serveuse voguer à ma rencontre. Il m'a envoyé la plus mignonne, le bougre. C'est quoi son métier, Proxénète ?

Sans un bonjour, elle me dépose le mot.

Ouais, c'est un Templier. C'était gros comme une maison, j'aurai du m'en douter. Et puis la gamine qui m'adresse même pas la parole ! Faut les faire infuser pour qu'elles deviennent aimables ? A la limite, je m'en fiche. Je reporte mon attention sur le Templier, pas par goût, plutôt par intérêt. Sur le coup, j'aurai bien mis un nom sur son visage. Pas la première fois que ma mémoire me fait défaut, dans un moment crucial qui plus est. M'enfin, il va pas me manger.

Je me rapproche de lui.

Bien le bonjour. Je souris. Pas de dragon à pourfendre, ce matin ?
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MessageMer 2 Sep - 21:34

La fée glisse le mot sous le verre de l'agent secret. Il se retourne et saute dans la gueule du loup, exception faite que mes dents ne sont pas acérées et que je n'ai rien d'un animal. Une métaphore stérile qui tombe dans les abîmes du mauvais goût, en somme. L'homme se rapproche d'un pas assuré jusqu'à ma table.

Bien le bonjour. Pas de dragon à pourfendre, ce matin ?

Je l'invite à s'asseoir d'un geste de la main, porte mon Whisky à mes lèvres. Les glaçons s'entrechoquent le temps d'une gorgée, alors privés de bassin dans lequel se baigner. Je fais signe à la serveuse, verre en main.

Hélas. Et ce Whisky n'est qu'une maigre consolation pas très coriace. À peine capable de se défendre. (Je dévisage le Bleu.) Vous avez au moins l'audace de répondre à mon invitation, une qualité primordiale pour notre profession.

Je m'installe confortablement sur mon siège, une banquette rouge en cuir capable d'accueillir trois fessiers. La fée accourt pour remplir le cristal de verre d'un savoureux nectar. Elle s'autorise un sourire en direction de l'Illuminati.

Nous nous sommes déjà croisés. Fusang, peut-être ? J'ai souvenir que vous m'aviez donné du fil à retordre, au point de ne pouvoir porter le coup de grâce. (Je remercie la jeune fée, grignote quelques cacahuètes.) Si c'est bien cela, je suis heureux de vous rencontrer en dehors du champ de bataille.
Le plaisir est partagé. Sidī Hammū. « Celui qui aime le rouge », selon les disciples de Mahomet. Né de la fumée sans feu.

Je lève mon arme et la dépose à mes côtés, alors adossée à la banquette. Elle vibre d'une fréquence animesque - si tenté que l'on puisse créer un tel adjectif pour l'anima - pour se faire remarquer de notre rival de circonstance.

Les rues d'Ealdwic vous sied-elles ?
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MessageMer 2 Sep - 22:44

Plutôt courtois, pour un anglais. C'est sûr que ce n'est pas un amateur, avec sa stature aristo et son ton placide. J'opterais pour la fine fleur des preux chevaliers, surtout s'il se trimballe une relique armée. Je le dévisage à mon tour, pas vraiment ébranlé par la situation, peut-être même curieux envers le personnage. Le gars est âgé, m'enfin il faut pas se fier aux apparences : il lui faudrait sûrement une seconde pour dégainer son monstre de foire, voir moins s'il n'a pas oublié son jus d'orange du matin.

Ceci dit, aucune raison de ne pas répondre à son invitation. Je suis un peu à cheval sur le porte-monnaie, alors si il me paie la boisson en tapant la discute, c'est tout bénéfique. Non-content de m'improviser comptable, j'ai même envie d'en savoir plus sur la vieille carcasse qui me fixe. Pas de curiosité maladive là-dedans, juste un sentiment de déjà-vu qui -selon ses dires- aurait des origines bridées. Deuxième bagarre à Fusang, peut-être ? Ça peut pas être la première, je m'étais planqué pour achever les survivants pendant celle-ci, or il pense m'avoir affronté en face à face. Pas compliqué, mes combats réglos se comptent sur une main.

Et puis c'est l'illumination.

Les rues ? Un caniveau est un caniveau. Darkside a plus de personnalité, les gens sont moins coincés. Je m'installe sans broncher. Sir Weaver, c'est ça ? On s'exclame que l'âge assagit, il y a beau y avoir du boulot chez les lions, vous êtes plutôt courtois. Bon point.

Je soigne mon attitude, pas question d'offenser mon interlocuteur. Il m'est sympathique, et j'ai beau n'avoir aucun grain de confiance en lui, une bonne discussion autour d'un verre me serait fort profitable. Autour de nous, la salle se comble un peu plus : des gens plus atypiques les uns que les autres s'agitent au comptoir, comme si l'alcool valait de l'or. Je reconnais un croisé, un gars pas très conciliant, un genre de berserk des temps modernes rencontré -justement- au Projet Fusang. La caricature du type qui bouffe, bute et bois, qu'importe l'ordre et l'endroit. Il pense avec sa claymore, ce qui en soi n'est pas très glorieux au vingt-et-unième siècle vu qu'une épée n'a pas de raison. Du moins, en règle générale.

J'adapte ma position. Pas question qu'il vienne me chercher des emmerdes.

Vous m'avez l'air d'un officier plus «passe-partout» que de coutume. Habitué de l'établissement ?
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MessageJeu 3 Sep - 1:04

L'homme a du répondant. Rien de mieux qu'une répartie conséquente pour égayer mes journées. Le Conseil de Venise multiplie les avertissements à notre égard, à l'image d'un crieur publique doublé d'un annonciateur de la fin du monde. À défaut d'incapables corrompus.

Darkside est à l'image de notre monde. Hétéroclite. Dante règne en maître sur ce parterre de prospectus au point que ça en devienne exotique. Avez-vous pu goûter à sa malbouffe ? De la goule, ce mois-ci. (Je souris en coin, détendu.) Je vous remercie. La courtoisie est propre aux gentilshommes, dirons-nous.

Je promène mon regard sur la salle qui se remplit à vue d’œil. Déjà dix personnes depuis que je converse avec ce roublard civilisé. L'un d'entre eux attire mon regard : un Croisé, l'air bourru, une bouteille à la main. Si je ne m'étais pas lié d'amitié avec Veni, des tas de préjugés auraient déjà assiégé mes pensées.

L'Illuminati zieute ma cible puis s'enfonce dans son siège, dos au comptoir.

Un ami à vous ? John n'est pas du genre sociable. Il n'est pas non plus très compétent, d'ailleurs. Je me demande ce qu'il fait dans l'Ordre... Ah oui, j'avais presque oublié. Le lignage. Le fardeau de notre faction.

Je reprends une poignée de cacahuètes. Les mange une par une.

Vous m'avez l'air d'un officier plus « passe-partout » que de coutume. Habitué de l'établissement ?
L'homme traque l'artéfact salvateur de Gaïa, enfoui sous les planches de ce purgatoire terrestre. Voilà la raison que je m'oblige à accuser pour supporter ses déboires.
Disons que cette époque a de quoi abattre plus d'un optimiste.
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MessageVen 4 Sep - 19:29

Les rues de pavés, les tavernes et auberges atypiques, les marchants… Ces rues bien connues de Londres étaient la cible de nombreux consommateurs, il y avait de tout et parfois même surtout n’importe quoi. Si Ellie avait toujours aimé les rue bondées, c’était pour une seule raison : Il était facile de passer inaperçue, ou de voler quelques objets ou quelques Pax Romana. Ce qui, pour ne rien cacher, était encore plus simple dans ce genre de lieu.

Autrement dit, les rues d'Ealdwic regorgeaient de petits trésors, et avec ses yeux de lynx, c’était un  jeu d’enfant, même si elle-même n’étais pas plus qu’une simple enfant. Retour en arrière, une simple enfant ?  Cela faisait maintenant plus d’un an qu’elle ne se considérait plus comme tel. Enfin, passons sur cette erreur d’écrit.

Ce jour-là, Ellie n’était pas venue là dans le but d’y faire quelques vols, elle cherchait quelque chose de particulier. Regardant furtivement chaque commerce, elle ne s’arrêta qu’après la boutique de babioles, de sucreries,  de joailleries et la forge devant une armurerie où elle entra après réflexion. Elle  en ressortit une minute plus tard, elle avait eu un espoir mais continua son chemin.

Une rue à droite et un autre à gauche plus loin, une opportunité se présenta à elle : Vieil homme grognon, le regard méfiant, et 200 Pax Romana qu’il venait de remettre dans sa bourse pour refus de négociation d’un marchant. De l’autre côté de la rue, une boutique d’objets magiques, c’était exactement la boutique qu’elle recherchait. D’un côté, elle n’avait pas grand-chose, d’un autre, elle avait besoin d’aller dans cette boutique, et si elle le volait, elle ne pourrait pas rester dans les parages. La tentation était pourtant très grande.

Ellie, reprend-toi, on a dit pas de vol aujourd’hui !


A contrecœur, elle s’obligea à s’éloigner de cette somme alléchante. Elle n’avait plus qu’à entrer dans le commerce. C’était ce genre de petites boutiques on l’on trouvait tous ce que l’on souhaitait, des objets et des livres de toutes sortes s’y trouvaient éparpillés sur les diverses étagères sans comprendre à quoi ils pouvaient servir. La seule solution était alors de s’approcher de l’habituelle vieille dame qui gérait les lieux. Cette dernière, qui rangeait un livre qui avait la carrure d’un dictionnaire se retourna lorsqu’elle m’entendit me rapprocher.

« Bonjour, dit-elle avec une voix qui semblait inondée de sagesse, il vous faut quelque chose me semble-t-il ?
-  Bonjour, lui répondis-je poliment -ce qui était rare-, oui je suis à la recherche d’une recette d’assemblage qui pourrait améliorer la force, d’un arc ou celle de sa corde, auriez-vous quelque chose de la sorte ?
- Oh oui bien sûr ! Attendez. »

Elle fit le tour de la boutique et je la suivi lorsqu’elle s’arrêta pour prendre un livre, elle ouvrit une page et me montra :

« Tenez, voici quelque chose qui permet d’augmenter la résistance et la force d’un arc. Cependant il vous faudra quelqu’un qui puisse le réaliser ou qui ait de quoi le réaliser.
- Oui, bien sûr ! »

Je m’offusque, je ne suis pas ignare à ce point !

« Dans ce cas c’est parfait ! Cela vous fera 300 Pax Romana, mais comme je vous apprécie bien, je vous le fais à 200 !
- PARDON ?! »

Je ne m’étais jamais attendue à ce que ce sois aussi cher ! Je vois rouge, j’aurai dû céder à la tentation !

« Bien sur, vous vous attendiez à quoi ? Elle se renfrogne. C’est un livre entier sur l’assemblage, si tu n’as pas assez va-t-en maintenant ! J’ai autre chose à faire ! »

Je sors de la boutique, particulièrement frustrée et énervée. Je n’ai même plus envie de revenir le lui acheter plus tard, ce genre de vieille bique gentille puis ronchon… La journée s’annonçait merveilleuse !

Elle reprit son chemin et s’arrêta à l’entrée d’une taverne où elle entra pour aller ruiner le peu d’économie qu’elle avait fait et se payer quelque chose à boire. Elle alla se poser dans un coin de la pièce, à l’abri des regards mais où elle pourrait observer tout le monde, question d’habitude. Une serveuse arriva et elle commanda un chocolat au lait. En l’attendant, Ellie observa la foule présente, visiblement pas mal d’alcooliques, dans une taverne il y en a à toute heure… Et sûrement d’autre enfants du miel dans la pièce qu’elle ne pourrait reconnaître, le quartier étant restreint aux personnes faisant partie du « monde secret ».

Continuant son observation, elle reconnut soudainement Jake assit en compagnie d’une autre personne au coin opposé au sien, dans la diagonale de la salle. Elle n’avait pas fait attention en entrant, et elle ne se souvenait pas non plus depuis quand elle ne l’avait pas vu. Elle l’appréciait, c’était devenu l’un des quelques rares repères qu’elle avait depuis qu’elle vivait en tant qu’enfant du miel et Illuminati.
L’avait-il vu lorsqu’elle était entrée ? Elle n’avait pas particulièrement envie d’entendre encore des taquineries aujourd’hui, ok, parfois, c’était drôle. Enfin même, la personne avec laquelle il était assis autour de cette table ne lui inspirait absolument pas confiance. Certes, elle n’avait pas confiance en beaucoup de personnes. Cela devait être un enfant du miel, elle l’observa brièvement, elle n’avait pas vu beaucoup de membres d’autres factions, mais son intuition lui soufflait  que c’était un Templier, encore plus en regardant l’arme –en l’occurrence une épée – qui était généralement caractéristique de cette faction.
La serveuse l’interrompit en revenant avec sa boisson chaude, elle la remercia brièvement, et commença à siroter sa boisson tout en regardant de temps en temps vers la table, observant l’échange ou guettant, peut-être, un quelconque signe.
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MessageVen 4 Sep - 22:42

C'est pourtant grâce au lignage que vous existez encore.

Pas tellement une punchline, plutôt une façon de penser. Faut dire que les avis sont controversés sur la légitimité des Templiers. Une bonne partie de la populace croit à dieu, ça n'empêche que la théorie divine parmi les organisations est un ramassis de conneries prouvé depuis un siècle maintenant. Aujourd'hui, le droit de dieu demeure dans la queue de quelques illuminés, citons prêtres, curés et autres attardés plus attirés par la cyber-pédo-scato-pornographie que par la prière et le crucifix. Alors que penser d'une société secrète au fondement tout sauf profane ?

Mais passons. Je me surprend à faire mon petit tour de salle, je flaire le danger. J'aperçois Ellie -Une gamine recrutée y'a pas si longtemps- dans un coin de la salle, aussi discrète qu'un sacré Protecteur. J'ai comme l'envie d'agiter un chaton sous le museau du vieux lion, c'est la récré. Je fais quelques signes à la petite, davantage pour l'inviter à ma table que pour faire le pitre. Je me tourne alors vers mon interlocuteur, l'air grave.

Une gamine pour faire la conversation à votre épée. J'opine du chef. Comprenez que je n'ai pas pour habitude de dialoguer avec un bout de métal.

J'ai appris à me méfier des objets qui parlent.

Sinon, comment vont les affaires ?
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MessageSam 5 Sep - 11:51

L'araignée bleue n'est pas dénuée d'intelligence. Elle en sait suffisamment sur ses rivaux pour faire mouche, ou du moins l'attraper dans sa toile. Le lignage... une question existentielle qui divise notre ordre depuis quelques années ; bien sûr, le fils de boucher qui sommeille en moi se devait de prendre parti, et encore aujourd'hui les conseillers qui siègent à la table ronde ne me voient pas d'un bon œil. Auraient-ils peur que d'autres impurs prennent leur place ? Certes, et la vague juvénile qui gonfle les rangs de nos Croisés renforce cette tendance malvenue. Ils ne peuvent que frémir, abandonnés par le mysticisme des dogmes religieux qui protégeaient autrefois un Clergé malhonnête. Hélas, ils ont raison sur un point, et cet Illuminati l'a bien souligné : les Templiers n'auraient jamais survécu sans ce lignage épineux ; la question est : doit-on rester ancrer au passé, ou se tourner vers un avenir qui se montre de plus en plus avenant ?

Les Enfants du Miel font exception à la règle. Et puis, tout sang bleu désire une cour bien à lui ; ne pensez pas que seuls les descendants des croisades portent nos couleurs, ce serait nous sous-estimer. (Je désigne John de la tête.) Surtout lorsqu'on considère certaines... entités.
Tout ordre a ses fardeaux.

Mon camarade de boisson hèle une gamine au loin. Une prépubère dans une taverne. Une souris blanche lâchée aux lions. Quand on parle du loup, dit le proverbe, on en voit la queue...

Une gamine pour faire la conversation à votre épée. (Il opine du chef.) Comprenez que je n'ai pas pour habitude de dialoguer avec un bout de métal.
Ironique. Tu craches sur les pratiques de tes ancêtres. (Je désigne l'arrivante.)
Serait-ce votre petite amie ? cueillie dans la fleur de l'âge ? - Les mœurs ne sont pas tendre avec vous, non plus. On pourrait presque se croire en pleine guerre froide, chaque camp colportant des rumeurs pour mettre à mal son ennemi ; bien que dans la pratique, cela ressemble plus à une rixe entre deux morveux dans un bac à sable miné d'excréments. Ce n'est pas vraiment le rêve américain.

Je récupère quelques cacahuètes, avale une gorgée d'alcool, m'humidifie le gosier.

Sinon, comment vont les affaires ?
Pour tout vous dire--... (La fillette débarque.) Oh, bonjour. Nathaniel Weaver, enchanté, vraiment. C'est un plaisir non dissimulé que de rencontrer une amie de ce cher... hm. (Je penche ma tête.) Comment disiez-vous vous nommer déjà ?
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MessageDim 6 Sep - 0:44

Evidemment, il lui avait fait un signe. Pourquoi fallait-il que le monde entier observe toujours ce qu’il y avait autour de soi ? D’accord, elle faisait exactement pareil, mais quand même ! Résignée, elle finit rapidement son chocolat (histoire de ne pas le trimbaler dans sa main à l’autre bout de la taverne) en ronchonnant qu’elle aurait voulu rester tranquille. D’un revers de main, elle s’essuie la bouche avant de se lever, et de sortir quelques pièces de sa poche qu’elle pose sur la table à côté de la tasse.

Elle finit par se diriger vers la table où les deux autres discutent plus ou moins (davantage moins que plus d’ailleurs, selon son observation) aimablement, absolument rien n’y était engageant pour elle. Slalomer entre des tables pour en rejoindre une ne lui avais jamais paru aussi long, comme quoi elle n’avait vraiment pas envie d’y aller !

Arrivée à hauteur de portée, celui qu’elle supposait fortement être un Templier s’interrompit pour la saluer et se présenter, Nathaniel Weaver, il lui semblait bien avoir déjà entendu ce nom aux rares occasions où elle avait trouvé des informations sur les autres factions, son intuition était confirmée, il devait être puissant, surtout maintenant qu’elle voyait son épée de plus près…
Néanmoins, il employait une tonalité qui lui semblait un peu trop ironique à son goût, c’était mal parti. Elle n’aimait pas trop ce genre de comportement qui avait tendance à la rendre… agressive. Même lorsqu’elle n’était pas en position de l’être…
Comment avait-elle dit déjà ? La journée allait être merveilleuse !
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MessageVen 11 Sep - 2:11

Loin de moi l'idée d'engager un litige.

Je pose mon regard sur Ellie.

Tu n'es pas très bavarde. Mauvaise journée ? Les malheurs des adolescents font le bonheur des réseaux sociaux, de nos jours. Je lance un sourire à Nathaniel. Me voici condamné à parler comme un sage à votre contact.

Je dois être masochiste. Alors que je taquine Miss Williams, une profonde envie de café Latte me serre de nouveau le cœur. Pas vraiment prêt psychologiquement à subir un nouvel affront du clan cappuccino, je reporte mon intérêt sur la chose la plus proche : l'épée. Pas question de nourrir un silence gênant autour de cette table, j'ai une profonde méprise pour les gens qui n'ont pas de conversation. Le but était de ramener un peu de viande fraîche pour le doyen des grandes-crinières, mais Ellie ne joue pas le jeu. Honte à l'âge ingrat ! Mon plan tombe à l'eau, tout comme un millier de possibilités oratoires. Place à l'improvisation, au one man show.

Soyons fous. Je fixe la lame. Cette manière de communiquer en énigmes, le degré de fierté dans le ton.. J'ai peut-être bien parlé trop vite, à manquer de respect à un vénérable djinn.

Je pose mon coude contre table, paume contre joue. J'inspecte la fille, puis l'homme, puis l'épée, puis je reviens à la fille. Williams n'a pas l'air à l'aise, légitime pour une recrue coincée entre deux hommes de talent.

Pas de manières entre nous. Sir Weaver, Monsieur Sidï, je me présente : Jake Turner, ravi de faire votre connaissance. Je vous fais grâce des titres et des noms d'emprunt, peu adaptés à une telle rencontre. Je glisse ma main sur l'épaule de ma camarade. Et voici Ellie, une recrue, tout ce qu'il y a de plus prometteur chez le «Grand Œil».

Je croise les bras.

J'aimerais comprendre. Pourquoi un être capable d'incinérer un régiment d'un claquement de doigts est-il scellé dans cette lame ? Je m'installe confortablement. Vous, Templiers, avez un don pour conter vos épopées avec passion.
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MessageVen 11 Sep - 17:45

La fillette ne pond aucun mot. Quelle impolitesse. Je la dévisage, l'inspecte de haut en bas - sa petite taille me facilite la tâche - ; rien de bien surprenant pour une connaissance de l'Illuminati.

Bzz~. La petite a-t-elle perdu ses ailes ? Ça expliquerait bien des choses.

Silence de morgue - on entendrait les cadavres respirer. Mon camarade de boisson brise la glace en s'autorisant un passage sur scène, la voix brandie vers son public : il plagie l'élocution du Djinn, le flatte sur son potentiel destructeur - si cher à sa personne ! -, prétexte de se présenter afin d'en savoir plus sur l'état d'épée auquel Sidī est soumis. Jake Turner, donc. Intéressant. Quelles sont les chances qu'un marionnettiste ne se cache pas derrière un nom d'emprunt lorsqu'on lui demande son identité ? Qu'il soit mauvais ou gentleman, c'est un bon début.

J'aimerais comprendre. Pourquoi un être capable d'incinérer un régiment d'un claquement de doigts est-il scellé dans cette lame ? (Il prend ses aises.) Vous, Templiers, avez un don pour conter vos épopées avec passion.

« Celui qui aime le rouge » ne répond pas. Ou plutôt, il me laisse la parole.

Hm. Êtes-vous familier avec l'état d'esprit des Djinns ? (Question rhétorique. Je jette un œil à la fillette - ça pourrait l’instruire.) Ces antiquités ont juré de protéger Gaïa coût que coût et, selon toute vraisemblance, ils n'ont pas apprécié de se faire chasser de leur terre natale par les humains d'antan. Nos ancêtres, oui. Les voilà donc tiraillés entre le fait de raser notre monde pour nous voir disparaître, et de le protéger pour qu'il puisse prospérer pour des siècles et des siècles. Amen.
Ils ne font que vous laisser détruire Gaïa. (J'opine du chef.)
Certes. Merci pour la transition. (Je m'adresse de nouveau aux deux.) C'est là qu'intervient Sidī : il lui reste une once d'espoir pour Gaïa et, de surcroît, de l'espoir pour l'humanité. Il pense - pensait ? - pouvoir tirer son épingle du jeu en m'accompagnant pendant que ses confrères maudissent notre race de cancrelats humains, à l'instar de vieilles commères en proie aux ragots du voisinage.
S'il-te-plaît. Jake Turner l'a si bien souligné : nous pourrions « t'incinérer en un claquement de doigts. » (Une note aigüe, subtile, trahit sa plaisanterie.) Puis-je te relayer ? (J'acquiesce.) Ma patience n'est pas inhérente à la caste des Djinns. L'ambition de sauver Gaïa m'habitait ; je ne pouvais sombrer sous le faux-fuyant du bannissement dans l'attente d'une prochaine Ère.

J'empoigne quelques cacahuètes, tout sourire. Si même Sidī y prend goût...

Un moment crucial me convainquit de la nécessité de mon initiative. Nulle autre constante que la Fortune aiguilla mon choix : l'enfant rayonnait d'anima et se trouvait au bon endroit, au bon moment. D'une main tendue, je l'invitai à me joindre. Sa fougue juvénile jugea bon de croire au démon devant lui ; il rejoignit la dimension-cobaye que ses ancêtres avaient abandonnée au péril de la destinée de centaines de peuples butineurs. Né de la fumée sans feu, je fusionnai avec l'alliage de son semblant de technologie militaire pour ne point subir les représailles de mes pairs. Je doute que le subterfuge ait survécu aux années.

Seraient-ce... ? Je ne rêve pas, la table d'à côté s'est bel et bien retournée pour assister au récit de l'épée chantante. Dire que je mettais un point d'honneur à garder notre relation secrète aux yeux du monde, lors de mes premières années.

Bien que le temps ne défilât pas, les sens déroutés de Nathaniel perçurent qu'un jour entier s'était évanoui dans les limbes du cosmos ; nous vînmes à bout du siège infernale à force d'épreuves innommables et Gaïa reprit ses droits sur l'anima que vampirisaient les portails amarrés au berceau de l'humanité. La fierté de Nathaniel devrait conclure. Nathaniel ?

Je me dépêche de déglutir, le bouche pleine. Une petite gorgée, et...

Désolé, je ne suivais pas. Donc... oui. Certes. Le fameux « Pacte ». Voyez-vous, j'ai toujours été un... un nerd, auriez-vous dit ? pour les langues étrangères. Ça ne renvoie en aucun cas à ma vie privée. (J'affiche un sourire narquois.) Rencontrer Sidī fut l'occasion de découvrir une nouvelle civilisation ; d'apprendre de nouveaux mots, de nouvelles runes, de nouvelles expressions. Tout un bagage de rituels m'a alors été accessible et, comme tout bon historien qui se respecte, je me suis jeté dessus. Il vous faut savoir que la démonologie ne se limite pas aux Enfers, puisqu'elle a été créée - jusqu'à preuve du contraire - bien avant que les démons ne deviennent ce qu'ils sont désormais. Tout un chapitre de cet art couvre le principe des sceaux et autres bannissements. (Je porte le verre de Whisky à mes lèvres.) La suite n'est qu'un charabia disgracieux pour les néophytes.
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MessageSam 12 Sep - 14:01

Non, elle n’avait absolument pas envie de parler, qu’est-ce qui l’obligeait ? De toute manière, elle n’avait jamais était connu pour sa politesse, alors elle pouvait bien faire comme elle voulait. Déjà qu’elle n’avait pas envie d’y être. Elle finit par hausser les épaules, l’air de dire « Je m’en contrefiche », de toute manière elle n’allait pas sur les réseaux sociaux et n’avait même pas de portable. Son lecteur MP3 lui suffisait, elle n’avait pas besoin d’autre chose.

« Bzz~. La petite a-t-elle perdu ses ailes ? Ça expliquerait bien des choses. »

Ellie repose son regard sur le Templier, ils s’étaient donné le mot ? Aujourd’hui, il faut énerver Ellie Williams ! Elle l’appréciait de moins en moins, mais elle se retint de placer une réplique cinglante et s’assit sans un mot à côté de son camarade. Puis, ce dernier brisa le silence qu’elle-même avait instauré et, comme un déclencheur, elle prêta soudain plus attention à la discussion. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de lire ou d’entendre beaucoup de récit sur les djinns mais connaissait tout de même leur existence.

Elle jette un coup d’œil à l’épée. Alors, il y avait un djinn là-dedans ?  Elle se sent soudain mal à l’aise, penchant d’un côté pour son agressivité matinale et de l’autre pour sa curiosité naturelle. Puis Jake continue en faisant les présentations,  Sidï doit donc être le nom de ce djinn… Mais elle n’a pas le temps de développer qu’elle sent une main sur son épaule qui l’interrompt dans sa réflexion.

« Et voici Ellie, une recrue, tout ce qu'il y a de plus prometteur chez le «Grand Œil». »

Ellie le regarde d’un œil presque étonné, depuis quand se mettait-il à lui faire un semblant de compliment ? Enfin, c’était purement pour la forme se dit-elle… Jake continua. Elle regarda le présenté Nathaniel Weaver, et s’obligea à changer  sa mine mi-insolente mi- grognonne pour quelque chose de plus… neutre. On commençait vraiment à piquer sa curiosité.

Le Templier débuta donc, elle ne releva pas la question qui n’attendait aucune réponse et il poursuivit. Elle avait déjà entendu cette partie de l’histoire ailleurs, mais malgré elle, elle écouta tout de même avec attention, tout en essayant de ne pas –trop- montrer son intérêt. Elle fit de gros yeux ronds lorsqu’elle entendit une voix venant de l’épée, elle ne s’y était pas attendue !  Sa colère complètement passée, sa curiosité ayant pris totalement le dessus, ses yeux et oreilles ne manquait plus une seule seconde de la discussion. Elle faillit jeter un regard noir au Templier lorsqu’il coupa le récit pour reprendre une gorgée, elle se rendit compte -d’ailleurs- qu’elle était censé garder une attitude plus ou moins neutre et se reprit un peu.

Malgré elle, lorsqu’il eut finit, sa journée venait de s’embellir. Elle remarqua alors que la table d’à côté s’était elle aussi retournée, elle n’avait pas été la seule à être conquise. Elle se maudit alors elle-même d’avoir été si enjouée alors qu’elle n’appréciait pas forcément l’un des deux conteurs… Au moins une chose qui n’avait pas changé, elle ne savait absolument pas quoi répondre, elle ne pouvait même pas contredire sa dernière remarque. Devait-elle répondre quelque chose ? Elle avait joué le personnage muet depuis qu’elle était arrivée, et surtout, elle risquait de répondre quelque chose de très mal dit ou de très mal constitué…

Elle préféra laisser à son camarade le soin d’y répondre, il faisait ça si bien depuis le début... Et attendre -elle- de ne répondre qu’a des questions qu’on pourrait lui poser…
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MessageMar 15 Sep - 11:46

Une histoire atypique, mais pas si originale. Le duo a totalement captivé l'auditoire, et la leçon d'histoire s'être montrée fructueuse pour Ellie. D'un côté, le conte m'a donné un sentiment de déjà-vu, un proche souvenir d'une mission en Egypte. Comme Nathaniel, je suis assez privilégié du bordel djinn : la protection de Gaïa, le schisme.. On m'a déjà raconté tout ça, sûrement un ami de Sidï, d'ailleurs. D'un sens, je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai le même rapport que le duo, c'était plutôt dans le genre «Je t'aime moi n.. TU VAS BRÛLER!» qui, faut avouer, donnait une consonance sportive à notre relation.

Je vois. J'opine du chef. As-tu déjà rencontré -peut-être par hasard- un djinn du nom de Amir ? Vous êtes plutôt du même bord, lui et toi, or j'ai pensé naïvement qu'il pourrait être un de tes camarades, si tenté que cette conception existe comme telle dans votre culture.

Les souvenirs affluent, et je n'arrive pas à dire si c'est de la nostalgie ou du contentement que j'éprouve à l'instant. Amir était un djinn conciliant, voir peut-être trop énergique pour un frêle humain dans mon genre. Si je peux témoigner du potentiel destructeur des génies, c'est bien grâce à lui : incinérer, conter, mépriser.. Les djinn sont des créatures amères et rancunières -certes animées des meilleures intentions- elles n'ont plus leur place dans ce monde.

Je jette un regard discret à Ellie. Le sujet d'aujourd'hui est un peu pointu, mais c'est une gamine débrouillarde. Grand bien lui fasse, elle a une certaine maturité pour son âge, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi de la ramener. Le schisme, par définition, est une bien mauvaise chose pour le «Grand Œil», dans la mesure où les djinns sont des adversaires mortels et difficiles à bannir. La question de l'impartialité dans leur combat perdu d'avance des rescapés est encore en étude, tout comme leur classification dans le bestiaire de Venise.

Doit-on maintenant les considérer comme des démons ? Des esprits ? Les rencontres avec des djinns comme Sidï ou Amir sont souvent circonstancielles, elles n'ont rien d'une prise de position. Pour cela, j'ose espérer que Weaver jouera un rôle important, qui pourra non-seulement diviser concrètement les djinns mais aussi donner un atout majeur à la prétendue coalition de Venise.
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MessageDim 20 Sep - 12:49

La petite ne dit aucun mot, comme à son habitude. Peut-être que ses gênes, à défaut de Dame Nature, a crû bon de la priver de sa langue à la naissance - dommage, j'aurais bien voulu converser avec la dernière génération d'abeilles sur le marché, mais je crains devoir me contenter de ses haussements d'épaules et autres grimaces sur le visage pour déceler ses pensées. Ciel, ai-je l'air d'un mentaliste ?

Vint alors notre spectacle aux allures d'improvisation - bien que répété des centaines de fois - où Sidī et moi fîmes un tabac ; là, une étincelle d'intérêt émergea sur la figure de la petite au point de lui délier la langue. Il suffirait de persévérer pour en apprendre plus sur elle...

L'Illuminati tient notre discussion à cœur : il enchaîne sur un certain Amir, Djinn de son état, nous demandant si nous sommes familiers avec une telle créature. Tous les êtres d'une même race doivent-ils se connaître ? D'aucuns pourraient dire qu'une telle pensée est réductrice - et raciste, de surcroît.

Amir et moi sommes cousins comme le sont fourchettes et cuillères. Des couverts - Djinns - dont l'utilité - les méthodes - diverge. L'audace m'incombe de vous prétendre comme mes égaux, à défaut de singes. (Je souris en coin.) Protéger Gaïa est le fruit du serment originel ; tout Djinn devrait œuvrer dans ce sens. Amir demeure passif, et pourtant partage mes idéaux. Il attend l’évènement déclencheur, le moment critique, le point de non-retour où les singes deviendront un moindre mal avec qui s'allier. Et, en attendant, le Sablier du Temps s'écoule.
J'avais réussi à lui arracher un semblant de sympathie, la dernière fois. Je pense pouvoir dire sans me risquer que l'être était tiraillé entre la surprise de voir un singe main dans la main avec un confrère Djinn, et le dégoût de voir un Djinn main dans la main avec un singe. Amusant.
L'authenticité de cette nouvelle m'inspire ; les germes d'espoir que j'ai semées se développent insidieusement dans le cœur et l'esprit de mes semblables. La satisfaction m'envahit. Je te remercie, Jake Turner. (Je sirote une gorgée de Whisky.)
Ne serait-ce pas avant-gardiste, d'avoir des Djinns dans nos rangs ? Toute faction confondue, j'en conviens. L'âge m'a fait dépasser les limites du monde secret pour que je puisse m'intéresser au sort de Gaïa... Gaïa, Gaïa, encore Gaïa ! J'ai l'impression de me répéter, même si le jeu en vaut la chandelle. (Je me penche vers la fillette.) Que penses-tu de tout cela, petite abeille ? Est-ce que ça te dérangerait de côtoyer de vénérables Djinns ? Ils pourraient te noyer d'innombrables histoires aux origines immémoriales. Et puis, au-delà de ça, est-ce tu serais prête à faire fi des sociétés secrètes pour te battre aux côtés de tes actuels adversaires de circonstance contre un ennemi commun ? Ta génération sera sûrement la clé de voûte du vaste échiquier dans lequel nous luttons. À toi de faire les bons choix, pour le salut de Gaïa, ou pour son ultime déchéance.

Je la fixe, grand sourire. Qu'elle soit muette ou non, elle ne peut rester indifférente.
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MessageDim 27 Sep - 20:33

La discussion repartit de plus belle sur un certain Djinn dénommé Amir ainsi qu’un débat à propos de l’existence des leurs. Bien sûr, Ellie n’avait jamais entendu parler de son existence, et toute cette histoire l’intéressait. Elle suivait la discussion lorsque le croisé lui demanda son avis.
Surprise, elle bafouilla quelques mots incompréhensibles, puis prit le temps de réfléchir à la question afin d’y apporter une réponse plus ou moins structurée :

« Ce sont des questions auxquelles je n’ai jamais vraiment pensées. Avant de penser à côtoyer un ‘‘vénérable Djinn’’, il faudrait déjà en rencontrer un, elle regarde l’épée, ce qui n’arrive pas tous les jours. À moins d'être déjà à ses côtés comme pour vous. Cependant… »

Elle marque une pause.

« …songer à côtoyer un Djinn, à moins d’y risquer sa propre vie, je n’y verrai pas le ‘’dérangement’’. Évidemment, je ne prétends pas tout connaître et il est donc difficile de répondre à la question. Quant à passer outre des sociétés secrètes pour se battre dans le même but ; je pense que le but de toute personne est de survivre -voire de vivre- du mieux qu’il peut. Du moins, c’est ma manière de voir les choses. Alors, si pour cela il faut s’allier, s’unir, combattre ou même s’opposer à d’autres… »


Son visage se durcit, le regard plus que déterminé :

« Oui je serai prête. Et si cela inclut ‘‘le salut de Gaïa’’, il n’y aura pas d’autres moyens. »
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