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 Or noir | Septembre 2008 [Mission]

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MessageSam 5 Sep - 16:39

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Septembre 2008. Un frêle manteau de brume nappe l'avenue principale d'Ealdwic. Le temps n'est pas particulièrement ensoleillé, il fait même assez frisquet pour une journée de septembre. Vous vous êtes retrouvés au matin, à l'heure où la rue est silencieuse et endormie. Avec le strict minimum d'informations, vous en savez fort peu sur la situation. Il y a bien un nom à interroger, le fameux Clark Thompson tombé malade suite à son ingestion de Bingo Cola. Pour ça, le responsable vous a donné un nom et une adresse : Sebastian - Haitian Food (Darkside). Maigre consolation pour une convocation de cette ampleur ! En effet, quelque chose ne tourne pas rond dans cette affaire. Le responsable a tenu à ce que votre escouade s'occupe de cette affaire et, bien évidemment, il est difficile de refuser quand c'est demandé si gentiment.

Vous vous dirigez alors vers Darkside, le quartier fantaisiste d'Ealdwic. Peu à peu, les humains sont remplacés par des vampires, des goules et des gnomes. L'atmosphère se fait plus pesante, étouffante. Le soleil monte haut, pourtant les rues s’obscurcissent peu à peu. Vous arrivez finalement au New Model Army, pas bien loin du Haitian Market. Amy, la gérante du magasin d'armes, soulève l'énorme taule de ferraille qui sert de porte à son échoppe. Elle vous salue d'un hochement de tête, tout sourire. Plus loin, un carrefour tortueux doté de trois sorties : à gauche le marché fantaisiste, à droite le fight club et ses hurlements bien matinaux, et tout droit la salle de concert souterraine la plus populaire d'Ealdwic. Vous n'avez qu'un nom et une adresse. Par où commencer ?
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MessageSam 5 Sep - 17:23

Mal dormi. Il était encore tôt, et je peinais à garder mes yeux ouverts, surtout dans l'ambiance pesante et peu rassurante d'Ealdwic. C'était une journée un peu différente de d'habitude, puisque l'Ordre m'avait récemment placée en escouade avec deux autres Templiers. L'un était assez expérimenté, l'autre était quelqu'un qui avait toujours été dans l'Ordre. Enfin, un truc du genre. Donc moi, je faisais tâche. J'avais bien évidemment emmené mon ordinateur dans ma sacoche, persuadée qu'il serait utile. Enfin. C'était sans compter le réseau vacillant de l'endroit. Ça captait mal. Mais ça ne m'empêchait pas d'utiliser des programmes ou autre. Au moins, je ne mourrais pas d'ennui. J'avais des tonnes de jeux sur ce machin. Emil me suivait gentiment, trottinant à mes côtés comme le plus heureux des chiens. Visiblement, le brouillard, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. J'avais rapidement retrouvé mes camarades, n'ayant pas de réelles difficultés à les repérer. Je n'étais pas certaine qu'ils avaient déjà été en présence de mon fidèle canidé, mais celui ci ne grogna pas. Il se contenta de rester à bonne distance, méfiant.
Je n'avais qu'à suivre les instructions de notre bon chef d'escouade, pour l'instant peu concernée par la mission. On avait trop rien pour comprendre ce qui s'était passé, mais ça viendrait.

On était donc arrivé à ce carrefour, en train de se demander quoi faire. Les idées ne tarderaient sans doute pas à fuser, mais il me paraissait logique de vérifier en premier lieu l'adresse qu'on nous avait donné. Je ne connaissais pas bien les coins et les recoins d'Ealdwic. J'y étais déjà passée, mais je n'avais pas un sens de l'orientation exceptionnel. Non, ça c'était plutôt le truc d'Emil. D'ailleurs, celui ci s'assit simplement par terre, attendant la suite de la promenade. Je me contentais donc de héler mes camarades et de leur demander :

« Bon... Bah, je suppose qu'on va commencer par vérifier l'adresse ? Vous savez par où c'est ? Sinon, on peut toujours chercher sur Google Maps... Même si ça a l'air de capter très mal. Euh, sinon, faites pas attention à Emil. Il est gentil, juste un peu grognon. Le chien redressa les oreilles à l'entente de son nom. Il pourra peut être nous servir, aussi. »

J'écoutais distraitement ce qu'ils avaient à dire, préoccupée par les hurlements du fight club. Il était quand même vachement tôt pour se battre. En général, ce genre club, c'était plutôt le soir que ça fonctionnait à plein régime. Ou en tout cas, c'était ce que voulait la croyance populaire. Je caressais la tête de mon canidé qui semblait lui aussi un peu nerveux. Ça grouillait de trucs pas très gentil dans les environs. Il avait l'habitude de voir ça, mais ça ne lui faisait jamais plaisir. Je le comprenais. Si j'avais pu mourir, moi aussi, j'aurais été terrorisée devant ça. C'était à moi de prendre soin de lui. Enfin, je me consolais en me disant qu'il courrait suffisamment vite pour fuir en cas de réel danger. Je pivotais à nouveau la tête, attendant les réponses et réactions des deux autres Templiers.
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MessageSam 5 Sep - 19:10

Enfin une mission qui ne se passait pas à des centaines de kilomètres de la maison ! Ce matin j'étais parti motivé et même le temps pourri ne pouvait entamer mon mental. Je me sentais prêt à rendre service à notre grande faction et à surmonter les difficultés qui attendaient notre groupe. Car oui, on m'avait affecté à une escouade de deux autres templiers. La première était une fille un peu plus jeune que moi, Aline, elle avait l'air de manquer un peu de confiance mais je ne doutais pas de ses capacités. Quand au second membre, eh bien disons que je connaissais déjà son nom avant même qu'il ne le dise, Nathaniel Weaver, un quasi légende de l'Ordre. Mon père et les autres têtes pensantes faisaient appel à lui pour les missions les plus délicates et son efficacité n'était plus à prouver depuis un bon moment déjà.

Bref c'est donc entouré de ce beau monde que je m'étais aventuré à travers les ruelles d'Ealdwic. Notre mission n'était pas très claire, une histoire d'un gars qui aurait fait une indigestion de Bingo Cola, qu'est-ce qu'il y avait d'intéressant dans cette boisson pour qu'on lance trois templiers à la recherche d'un seul homme ? Ou bien la boisson n'était qu'un prétexte pour enquêter sur quelque-chose de plus discret ? C'était bien ce que notre groupe comptait découvrir. Malheureusement en plus d'avoir un objectif très flou, nos informations étaient elles aussi très maigres, une adresse et un nom, c'est tout ce qu'on nous avait donné.

Ealwic n'était pas l'endroit que je fréquentais le plus dans Londres, mais je pouvais m'y repérer un minimum, et surtout pour ne pas être surpris par sa population... exotique lorsqu'on entrait dans Darkside.

« Bon... Bah, je suppose qu'on va commencer par vérifier l'adresse ? Vous savez par où c'est ? Sinon, on peut toujours chercher sur Google Maps... Même si ça a l'air de capter très mal. Euh, sinon, faites pas attention à Emil. Il est gentil, juste un peu grognon. Il pourra peut être nous servir, aussi. »

Ah Google Maps, magnifique invention donnée par nos confrères de l'Oeil ! Mais Aline avait raison, je n'avais aucune idée de l'endroit exact où se trouvait ce "Haitian Food".

"Ça me va, ou alors on peut demander à un habitant du coin, même si je préférerais rester discret. Sauf si Nathaniel a un contact dans le quartier ?"

Après tout le templier expérimenté devait déjà avoir parcourus ces rues à plusieurs reprises. Avec de la chance il connaissait quelqu'un susceptible de nous aider. Enfin dans tous les cas nous étions tous d'accord que rejoindre cette adresse était notre priorité numéro 1.
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MessageSam 5 Sep - 21:09

Bingo Cola. Produit phare d'une société de consommation en essor. Chiffre d'affaires de la filiale du dragon à huit têtes : vingt-six millions de dollars au mois. Revenu net dans leurs poches : cinq millions. Leur réseau s'étend à travers le monde entier, des mégalopoles dantesques aux forêts reculées d'Amazonie ; c'est tout un pan de la culture moderne qui se distille dans les cuves de leurs usines, bientôt tâtées de notre bâton de sourcier. Une véritable mine d'or dont le secret de fabrication est jalousement gardé par le colosse de métal noir, à l'instar d'un Conseil de Venise en proie à l'idée farfelue d'empêcher la destruction de Gaïa par les parasites qui l'habitent.

Deux Croisés m'accompagnent : un garçon de bonne famille, John Castle, dont le père partage mon intérêt pour la musique classique. Un bon point, s'il en est ; le vieux bougre jalouse mon gramophone de 1923, acheté sur eBay pour une poignée de livres sterling - l'héritage sous-estimé d'un grand-père quelconque. C'est bien là l'opportunité de mettre un visage sur ce « fils prodige qui [le] rend fier ». « Des mains adroites guidées par un esprit d'acier ! », qu'il disait pour flatter son ego à défaut de dorer, sinon redorer, le blason de sa famille. Le comportement lambda d'un père, en somme. Quoiqu'il en soit, j'ai hâte de voir John à l’œuvre, ne serait-ce que pour témoigner à Mr. Castle que son fils est bien plus doué qu'il l'avait prétendu et ainsi entretenir une politesse hypocrite, sorte de fellation mutuelle que tout gentleman doit idolâtrer.

En ce qui concerne la fille, une certaine Aline Esther... J'ai beau eu faire des recherches sur elle - une connaissance s'en occupe -, je n'ai rien trouvé de très concluant. Elle sait comment couvrir ses arrières dans l'alter ego numérique de Gaïa et, n'en déplaise aux chevaliers de la table ronde, ce genre de personnages loufoques seront les figures de proue des offensives futures. Surtout lorsqu'on s'attaque à une multinationale dont la maîtrise de la technologie de pointe n'est qu'une ligne requise sur le CV de chaque membre.

Nous voici sur une énième enquête - un énième élan paranoïaque à l'encontre de la Tour Orochi - à l'orée des néons criards de Darkside. Des éclats de voix retentissent à quelques pas de nous, les uns vendant des produits inconnus du grand public, les autres profitant du rassemblement pour se donner une raison d'exister ; que de non-humains qui s'entêtent à copier le mode de vie de leurs voisins "civilisés", a.k.a. les vainqueurs de l'éternelle guerre de l'évolution naturelle. L'ambiance est identique à celle d'il y a un jour, une semaine, un mois ; ici rien ne fluctue mais se contente de survivre.

Les deux proposent un plan d'action : se rendre au point zéro de la contamination, le « Haitian Food », un généreux restaurant de bas étage qui offre le repas chaud aux plus démunis. Notre contact, Sebastian, gère la bâtisse depuis plus d'une décennie ; s'il y a bien une personne à qui il faut poser des questions, c'est bien le tenancier ayant offert la bouteille incriminée de Bingo Cola à son client.

... sauf si Nathaniel a un contact dans le quartier ?

Je retire mes mains de mes poches, ôte le cigare de mes lèvres, relâche une fumée blanchâtre sur le côté. L'air est froid, trop froid.

Nous sommes à Darkside. Si vous voulez demander quelque chose, Dante est votre homme. (Je le désigne de l'index. À cette heure, le marché fourmille.) La goule s'est mutée en commère, avec l'âge. Qui diable aurait pu prévoir que l'échelon zéro de la vie sur terre prenne goût à recueillir des rumeurs de comptoir ? Drôle d'époque. (Je souris en coin.) Mais ne perdons pas de temps. Une amie me donnait rendez-vous à l'ancêtre du Ayiti - ce fameux » Haitian Food » - il y a une trentaine d'années ; si ma mémoire ne me joue pas de tours, je peux vous y conduire.

J'ouvre la marche. Des ruelles ci et là. Des piétons au détour de coins de rues. Quelques secondes suffisent pour que la pancarte du Ayiti - dételée puis remplacée par une tôle de métal sur laquelle est inscrit le nom du restaurant via une bombe de peinture rouge - se présente devant nous.

Ça ne devrait pas trop tarder à ouvrir, vu l'heure. On y entre ? Je doute que le bâtiment ait été rénové, depuis le temps - ça coûte bien trop cher pour ce que c'est. Sebastian doit se prélasser avant une dure journée de labeur, là-haut, dans le pigeonnier qui lui sert d'appartement.

Je m'apprête à cogner le store pour démarrer notre anamnèse, attendant un quelconque signal. À eux de faire leurs preuves, après tout.

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MessageDim 6 Sep - 20:01

Vous comptez sur Nathaniel -le doyen du groupe- pour vous mener à l'endroit indiqué. Vous vous retrouvez devant un restaurant miteux, peu entretenu et quasiment vide. Plus qu'une enseigne professionnelle, vous devinez l'ambiance d'un restaurant au service bancal et au menu douteux. L'endroit est fermé par un store couvert de rouille, pourtant vous entendez quelques sons percer le frêle rideau de fer et parvenir à vos oreilles. On discute, on s'agite. La propriétaire bouge l'arrière-train du personnel à grands coups de gueulantes, toujours agrémentées d'un accent africain très prononcé. Le restaurant ne va pas tarder à ouvrir, il serait temps de saisir votre chance.

John jette quelques coups d’œils à droite à gauche, puis s'éprend d'une petite bâtisse au nord du marché.  En plissant les yeux, il remarque une forme noire et rectiligne qui observe dans sa direction. Un homme. L'individu -qui ne s'attendait pas à être repéré- file aussitôt sans que notre Templier puisse l'identifier. A lui de décider s'il en informe ou non ses coéquipiers.

Alors que votre escouade s'apprête à entrer, un jeune homme sapé «rasta» soulève avec labeur l'énorme taule qui couvre l'entrée du restaurant. Dans ses yeux, pas vraiment de la surprise, plutôt un joint bien matinal, son petit rituel «brosse à dent» avant de s'occuper du service clientèle. L'homme vous regarde instant, l'esprit lent.

Ah putain, vous m'avez fais peur les mecs. J'pensais que vous étiez dans la commission d'hygiène. C'est vous qui d'vez interroger le gars qui s'est intoxiqué, hein ? Venez, j'lai foutu dans l'arrière-cuisine, pas loin de l'entrée d'service si il veut prendre l'air ou fumer une clope.

L'homme vous fais signe de lui suivre, confiant. Il ne s'est pas présenté, n'a rien expliqué sur la situation. L'intérieur du restaurant est sale, mal décoré et pue la cigarette. Côté comptoir, un vieil homme vous dévisage en laissant apparaître une rangée de dents gâtées. Arrivé au fond de la salle, le jeune homme sort un trousseau de clé et enfonce -sans vergogne- une clé dans la serrure. Le mécanisme ne se déclenche pas. Votre contact lâche un juron, toujours aussi détendu. Il se tourne dans votre direction, un air honteux sur le visage. Il se met alors à éclater de rire, puis s'exclame entre deux respirations.

Ah le con ! Je me suis trompé de clé. Attendez un moment, j'vais voir la propriétaire pour qu'elle me file la clé de l'arrière-cuisine. Si on vous fais chier, dites qu'vous êtes pote avec Sebastian, ça devrait passer.

Vous voici devant la salle promise, fermée à clé. Derrière la porte, sûrement le fameux Clark Thomspon qu'il vous sera donné d'interroger. Vous avez cinq bonnes minutes à tuer avant que Sebastian ne revienne. Autour de vous, pas grand chose : la cuisine, toute proche, sent la plonge et les épices. Le vieil homme vous dévisage toujours, la bouche à moitié-ouverte; il n'a pas l'air bien dangereux, juste un vieillard un peu aliéné par des années de vécu. Le papier-peint se décolle un peu par endroits, la moisissure s'installe. Vous n'êtes visiblement pas dans la meilleure enseigne d'Ealdwic.
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MessageDim 6 Sep - 20:46

Visiblement, Nathaniel Weaver ne plaisantait pas lorsqu'il s'agissait de connaître et d'utiliser les bonnes personnes. Je ne doutais pas que ses nombreuses années d'expérience avait à y jouer. Et qu'il avait une sacrée bonne mémoire. Bon point. Emil ne broncha pas lorsque nous nous remîmes en marche. Le trajet fut extrêmement court. Nathaniel n'eut pas le temps de toquer au rideau de fer qu'une personne l'ouvrait vivement, clignant pauvrement des yeux en nous apercevant. Surpris ? Sans le moindre doute. Je plissais le nez à l'odeur détestable du truc qu'il fumait, qui avait – à mon sens – une odeur pire encore que celle de la cigarette. Déjà que le cigare de notre compagnon m'écorchait les narines, mais alors ça, c'était pire. La commission d'hygiène, hein ? Je songeais intérieurement que les appeler pour faire bouger tout ce petit monde ne ferait sûrement de mal. Enfin, pas trop de mal. Il nous fait signe de le suivre, et je donne un petit coup de coude à John, comme pour le rappeler à la réalité. Qu'est-ce qu'il regardait ? J'ignorais si le fils Castle était simplement perdu dans ses pensées ou trop occupé à scruter la ruelle déserte d'Ealdwic, mais il fallait bouger. Mon canidé grogna tout en rentrant dans le bâtiment, visiblement pas très à l'aise. Quelque chose devait le gêner.

La salle du restaurant est miteuse. Il y avait d'ailleurs sans doute un mot pour décrire l'endroit qui semblait sombrer de jours en jours, que ce soit ses murs ou la moisissure qui pointe par endroits. Charmant. Enfin, je suppose que dans un endroit infesté de goules, c'est déjà pas si mal. Le vieillard derrière le comptoir – et j'ignore s'il était plus vieux ou moins vieux que Nathaniel – nous observe, sans broncher. Presque même sans cligner des yeux. Louche ou pas, je n'aime pas ça, et je caresse distraitement Emil en fronçant les sourcils. Ce dernier m'accompagne d'un grognement plus vif que les autres, forçant l'homme à détourner le regard un court instant. Un pauvre court instant, car à peine ai-je détourné la tête pour écouter ce que notre guide raconte – à savoir qu'il est un parfait imbécile incapable de distinguer deux clefs – qu'il a déjà recommencé à nous dévisager. Je me cramponne un peu plus à la saccoche qui contient mon ordinateur et me met à réfléchir. Je n'aime pas cet endroit, je n'aime pas ce guide, je n'aime pas ce vieux qui semble devenir fou avec les années.

Il ne me faut que quelques secondes pour m'interroger sur le fait que l'homme ait pu se tromper de clef. Ça doit faire des années qu'il bosse ici. Comment peut-il encore les confondre ? La propriétaire ? Mais pourquoi nous avoir donné le nom de Sebastian alors ? S'il allait avec l'adresse, c'est que c'était lui qui s'occupait de l'affaire, non ? Les choses me paraissait de moins en moins logique, mais je chassais ces pensées rapidement. Ils n'étaient sans doute pas tout à fait innocents, mais clairement pas assez malhonnêtes pour nous causer des ennuis. Enfin, je préférais rester sur mes gardes. …

« Je trouve pas ça très logique qu'ils aient fermés de ce côté là, mais laissé ouvert du côté de l'entrée de service pour le laisser fumer... Pourquoi ne pas avoir laissé ouvert les deux côtés ? »

Impossible de me débarrasser de l'idée qu'il y avait un truc étrange dans leur manière de procéder. Je collais donc mon chien et mon ordinateur, et même, me rapprochait légèrement de mes camarades pour être certaine que je ne serais pas prise au dépourvu. N'ayant rien de mieux à faire, j'écoutais ce qu'ils avaient à dire, tout en observant la salle et le vieil homme qui nous dévisageait. Les gens qui étaient à l'intérieur à l'heure actuelle ne pouvait être que des employés. J'en comptais au moins quatre ; le type qui nous avait accueilli, le vieillard, la propriétaire et l'autre enfermé dans l'arrière-cuisine. Je hélais le vieillard, impatiente, pour lui demander :

« Hé. Qu'est-ce que t'as à nous regarder comme ça ? J'ai un truc sur le visage ? Tu nous trouves trop étrange ? … Pourquoi vous avez fermé la porte de l'arrière-cuisine ? Vous n'allez pas l'utiliser pour le service en salle ? »

Si jamais ce pauvre établissement délabré avec des clients. Auquel cas, je les plaignais grandement. Manger ici... Hm, je ne me prononçais pas sur la qualité de la nourriture. Je me tournais rapidement vers Nathaniel pour lui demander :

« Vous avez déjà mangé ici ? Quoi que, en trente ans, ça a sans doute beaucoup changé... Vous vous souvenez du vieux ? »

Après tout, si quelqu'un avait une chance de le connaître, c'était bien lui.
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MessageDim 6 Sep - 21:45

Laisser Nathaniel nous guider avait été la bonne solution. Le templier nous avait guidé sans problème à la bonne adresse, en profitant pour partager un peu de ses connaissances des lieux. En plus de cela, la chance nous souriait, à peine arrivé qu'un homme ouvrait le restaurant. Le rasta dont l'odeur ne laissait aucun doutes sur ses activités du matin nous invita à entrer et à le suivre, il savait pourquoi on venait.
C'est à ce moment qu'une désagréable sensation s'empara de moi. Nous étions observé, j'en étais certains. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, là ! Une silhouette, qui détala dés l’instant où elle réalisa que je l'avais repérée. Un coup de coude d'Aline m’empêcha de trop me focaliser sur ce que je venais de voir. Mais dés que j'aurais une occasion j'en informerais mes compatriotes.

Une fois à l'intérieur du restaurant une musique à l'image de la personne qui nous avait ouverte envahissait la pièce. Le rythme était lent et devait plaire à notre ami défoncé qui balançait doucement sa tête en rythme. Les lieux étaient... Dégueulasse, on était vraiment dans un restaurant ? remarque je ne pense pas que j'aurais du en attendre plus de Darkside. Même les employés étaient immondes ! Bref, pas le moment de se prendre la tête avec des détails, le rasta était parti pour récupérer les clefs, nous indiquant au passage que Sebastian, c'était lui.

"Aline, Nathaniel, restez sur vos gardes, j'ai remarqué une personne qui nous suivait à l'entrée du restaurant. D'ailleurs, je pense que je vais tenter de faire le tour pour rentrer de l'autre côté. Et voir au passage si je repère à nouveau la silhouette."

Je laissais mes alliés faire ce qu'ils voulaient avec l'information, mais au moins ça éviterait de trop grosses surprises. Une fois dehors j'allumais une petite cigarette et je jetais un œil là où j'avais vu la silhouette... rien, bien sur.
Les rues étaient assez déserte pour l'instant, ça me faciliterait la tâche, pas de perte de temps et en plus j'aurais une vue un peu plus dégagée. Je commençais à contourner le restaurant, restant sur mes gardes. Je me demandais comment Aline et Nathaniel s'en sortaient de leur côté, je me doutais que j'arriverais après Sebastian, mais au moins je pourrais intervenir en cas de problème. J'accélérais tout de même un peu le pas, je n'avais pas envie de rater trop de choses.

Finalement je tournais une dernière fois sur la gauche, la ruelle était en face de moi et j'approchais d'un pas rapide la porte de l'arrière cuisine, qu'est-ce que j'avais manqué ?
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MessageDim 6 Sep - 23:01

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Une odeur de résine envahit l'atmosphère. Le nuage de fumée se fracasse contre le froid de la matinée. Un type béat nous adresse la parole - Sebastian, selon toute vraisemblance. Les seules données que j'avais de lui n'ont pas menti : l'homme respire la lenteur d'esprit, les yeux injectés de sang à cause d'une surconsommation flagrante de nature.

Voilà un modèle exemplaire d'enfant de Gaïa, remarque Sidī.

J'esquisse un début de sourire. L'être nous accueille, nous emmène jusqu'aux cuisines ; il parle d'une potentielle arrivée de la commission d'hygiène avec une crainte explicite mais le moindre coup d’œil vers l'état de la friteuse endormie remplace bien des discours. Rappel à moi-même : inviter Jake Turner à manger un morceau un de ces quatre. Le rasta mentionne la présence de notre victime dans l'arrière-cuisine - fermée à clés, bien évidemment ; la maison cherche à ne pas ébruiter l'affaire et, pourtant, nous sommes là.

Sebastian trifouille son trousseau. Coup du sort : il défonce la serrure en y enfonçant la mauvaise clé. Il s'excuse de son incapacité, prétexte de devoir demander à la propriétaire, nous abandonne devant une porte scellée. Des tas d'idées me viennent à l'esprit, mais aucune d'entre elles ne semble légale.

Mr. Castle Junior prend des initiatives, suspicieux à l'extrême. Il dit avoir remarqué une ombre fuyarde censée nous suivre depuis une poignée de minutes - qui sait ? À l'image des Croisés ayant conquis les étoiles au nom de leur Ordre, il prend les devants et contourne le Haitian Food pour rejoindre le fameux Clark Thompson.

Aline Esther et moi sommes seuls avec une infinité de possibilités d'action.

Vous avez déjà mangé ici ? Quoi que, en trente ans, ça a sans doute beaucoup changé... Vous vous souvenez du vieux ? (Je hoche la tête de gauche à droite.)
Il y a trop longtemps, je le crains. C'était un café italien à l'époque ; depuis, une vague vaudou s'est emparée de ce quartier au point que l'enseigne d'à côté propose des sortilèges pour maudire son mari infidèle. Quant à ce « vieux »... (Je ris doucement.) Le nombre de personnes âgées que je cotoie est limité, et celui-ci ne fait pas partie de notre cercle très privé. Quand vieillesse rime avec hardiesse !

Je me retourne vers la salle : toujours personne. Nous avons choisi la bonne heure pour débuter notre expertise ; profiter des cernes de nos hôtes est un atout considérable lorsqu'on cherche l'efficacité.

Si cette présence est vraie, il faut se dépêcher. Peut-être suis-je paranoïaque - encore une fois - envers l'ubiquité d'Orochi mais... ce serait trop beau d'interroger notre patient sans ne serait-ce qu'entrapercevoir le museau du dragon à huit têtes.

J'extirpe Sidī Hammu de son fourreau. Il me comprend - la lame s'embrase aussitôt.

Aline, si le vieillard débarque en trombes, dis-lui que nous sommes des « potes » de Sebastian. (Subtil clin d’œil.) Tout nous est permis. Au nom des Templiers.

J'abats ma lame : la serrure explose en morceaux. Devant nous, l'agent pathogène du point zéro. L'enquête ne fait que commencer. Elle ne fait que commencer.

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MessageDim 6 Sep - 23:41

Hein ? L'homme murmure dans une langue incompréhensible. Cette porte, elle est jamais fermée. On l'utilise tout le temps.

L'homme n'a pas le temps de finir sa phrase que Nathaniel brise la serrure. Pas de Clark Thompson à l'horizon. La salle est vide et sans aucune trace de lutte apparente, mis à part une demi-douzaine de gouttelettes de sang qui tâchent le sol. A l'autre bout de la salle, une porte grande ouverte et un bruit de moteur : un énorme landrover noir démarre en trombe et prend la prochaine rue à toute vitesse. Alors qu'il n'est plus très loin, John aperçoit le véhicule et la direction -une rue en cul-de-sac- vers laquelle il se dirige.

Clark Thompson a été kidnappé par des individus tiers. Vu le timing, la scène doit s'être déroulée très vite, avec méthode. Sebastian arrive en courant, visiblement essoufflé par une course pas vraiment prévue. A portée de Nathaniel, il se prosterne à genoux, l'air pitoyable.

J'suis désolé m'sieur ! J'ai gaffé, j'ai fais le con et j'ai oublié que la porte était ouverte d'habitude !
Il renifle bruyamment. J'ai vu des gars en noir monter jusqu'au vieux hôtel, dans l'avenue auxilliaire ! Putain je suis con..

Sebastian s'occupe de tout. John parvient à vous rejoindre assez promptement dans l'entrepôt improvisé. Aline, de son côté, laisse fureter son regard un peu partout dans la salle. Elle repère un petit bout de tissu écorché sous une commode, un morceau de t-shirt à première vue. Elle peut choisir de le récupérer ou non. Vous sortez alors dans la rue, là où différentes voies s'offrent à vous : l'avenue auxiliaire et son vieil hôtel en bout de trottoir, la ruelle où a tourné le landrover noir et l'entrée de service du restaurant Ayiti, pas plus propre que le reste de l'établissement.

Le temps vous manque.
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MessageJeu 10 Sep - 3:42

Plusieurs informations arrivent. Un café italien. Dommage, l'endroit devait être tout à fait sympathique dans le temps. Depuis quand n'ai-je pas mangé italien ? C'est décidé, ce sera mon prochain repas. Pas moyen que ce soit autre chose. Et puis une présence. Voilà donc pourquoi notre jeune ami semblait perdu dans ses pensées. De toute évidence, l'inconnu ne devait pas s'attendre à être remarqué... Ce qui voulait également dire qu'il risquait sans doute d'accélérer ses plans, pour éviter de se faire prendre. J'en arrivais à la même conclusion que notre aîné. Le Dragon à huit têtes devait être derrière ça. Mais je n'eus pas plus de temps pour réfléchir. Le vieil homme rendit sa réponse. J'écarquillais les yeux un instant, surprise. Mais alors... L'autre imbécile s'est bien foutu de notre gueule ! Je n'ai pas le temps de réagir que déjà, Nathaniel a enfoncé la porte... ouverte. Bonjour l'ironie. Mais c'est malheureusement déjà trop tard. Vide. Un bruit de moteur suit rapidement, et les conclusions sont évidentes. C'est un joli kidnapping. Bien orchestré. L'autre garçon revient en pleurnichant, visiblement effaré de son erreur. Une remarque agaçante me traverse l'esprit, et c'est presque amère que je signale à Sebastian le fond de ma pensée.

« La prochaine fois, la porte que vous fermerez, ce sera celle de derrière. Et assurez-vous qu'elle soit bien fermée, pas uniquement dans votre tête. »

Je le regard du coin de l'œil, lui prodiguant un joli regard noir. Noir de braises, vu la couleur chaleureuse de mes pupilles noisettes. Il ne reste rien, ou presque. Quelques gouttes de sangs écrasées au sol, et... Un morceau de tissu ? Un sourire satisfait trône sur mes lèvres. Je l'attrape, et m'assure de le garder tout près ; l'odeur doit encore être dessus, et j'en connais un qui pourra suivre la piste... A supposer que ce soit bien un morceau de tissu de la victime. Les hommes de mains feraient aussi l'affaire, remarque. A bien l'observer, il ne devait pas être ici depuis très longtemps ; aucune chance qu'il soit là depuis des jours et des jours, ce qui, en soit, était une bonne nouvelle. Je m'aventure au dehors par la porte ouverte, et me met à regarder autour de moi. John avait bien dit qu'il faisait le tour, n'est-ce pas ? Avec un peu de chance, il a eut le temps de voir démarrer la voiture... Je le cherche du regard, m'aventurant plus loin au dehors. Une fois trouvé, je l'interpelle vivement, lui résumant rapidement la situation.

« Bon, on a plus de témoins, il a été kidnappé. Une voiture a démarré en trombe, on a entendu le bruit du moteur. Tu as vu quelque chose ? »

Emil a suivit plus prudemment ma démarche, ne se souciant pas de l'odeur pour l'instant. Je fais signe à John pour le bout de tissu, montrant que mon brave canidé pourra sûrement se montrer utile si besoin.

« Je n'ai pas vu de traces de lutte ; quelques gouttes de sang tout au plus. C'est sans doute Orochi. Je pense qu'il est encore vie. Je ne sais pas trop ce qu'ils ont l'intention d'en faire, cela dit. Si c'est vraiment trop compromettant pour eux, ils vont s'en débarrasser rapidement. On ferait mieux de se dépêcher de prendre une décision. »
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MessageDim 13 Sep - 14:10

Aaaah, la drogue ! L'important on dit, c'est de savoir s’arrêter quand on sent que c'est trop. Eh bien visiblement Sebastian ne savait pas s’arrêter lui. Notre ami rasta nous avait gratifié d'une perle qui pourrait potentiellement faire échouer notre mission. Aline m'avait fait un topo alors que j'arrivais devant l'arrière boutique.

"J'ai vu une voiture démarrer rapidement et s'élancer dans cette rue. Je pointait du doigt la rue en question. Elle est marquée sans issue, ils ont surement l'intention d'emmener notre homme dans un des bâtiments, nous n'avons pas de temps à perdre."

La jeune femme accusait Orochi et me montrait un bout de tissu en confirmant qu'on devait se dépêcher. Très honnêtement je m'en fichais pas mal d'Orochi, mais mon paternel lui, serait ravis qu'on leur mette des bâtons dans les roues. Je regardais Nathaniel, l'épée à la main et le visage fermé, lui aussi avait compris que le temps nous était compté, je désignais la même rue qu'avant.

"Ils sont surement parti par là Nathaniel, je propose qu'on suive cette voiture et qu'on utilise le flaire du... J'observais un instant le canidé. D'Emil, pour avoir une piste plus précise ensuite."

D'un grand geste je fait signe à mes coéquipiers de me suivre et je m'élance vers notre objectif. Plusieurs dizaines de mètres nous sépare du panneau indiquant le cul-de-sac mais par chance les rues sont encore assez vide à cette heure. J'attend un petit instant devant la rue que tout le monde soit bien là et je jette un œil à la ruelle faiblement éclairée par les lueurs du matin.

"Je passe devant, Nathaniel reste au milieu et Aline et son... canidé font l'arrière garde, l'instinct d'Emil pourrait être utile si on nous prend à revers."

J'attendais une confirmation de mes alliés, puis j'avançais prudemment dans la rue dans laquelle on pouvait voir au loin le landrover noir.
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MessageDim 13 Sep - 18:08

Vous arrivez à la petite ruelle, recluse et sans issue. Comme l'a perçu John, le landrover noir est toujours là. Le véhicule semble vide : rien de suspect au premier regard, les quatre portes ouvertes et aucune trace de lutte apparente. Il est garé tout près d'une boutique abandonnée, délabrée, le genre de vieille bâtisse qu'on retrouve souvent dans les rues peu fréquentées de Londres. Un fleuriste, dira-on. Malgré la grande baie vitrée au verre esquinté, impossible de voir à l'intérieur : l'endroit est peu accueillant, macabre, mais praticable à pieds pour les plus courageux. De l'autre côté de la rue isolée, une énorme bouche d’égout encastrée dans le béton : probablement une des «entrées de maintenance» des entrailles de Londres, un trou assez gros pour y laisser entrer une dizaine de personnes, voir une petite voiture.

L'atmosphère de la petite rue est calme, pesante même. On n'entend plus le vent; seulement des aboiements, klaxons et autres nuisances dans les rues adjacentes. L'endroit est mal entretenu, que ce soit dans ses évacuations d'eau ou ses bâtiments, tout se gâte au fil des années, conséquence d'un flagrant manque d'intérêt pour une ruelle infréquentable. Rien de spécial au sol : pas de traces, deux trois mégots et quelques petites flaques d'eau d'avant-hier. En s'approchant prudemment du véhicule, Nathaniel remarque un petit mot posé sur le siège. Plutôt en forme pour son âge, il parvient à discerner une petite phrase écrite à la va-vite sur un bloc-note, tout ce qu'il y a de plus basique. Les idéogrammes semblent japonais, ou peut-être chinois :

«蜂は花屋にいかなければならない.»

Vraisemblablement, l'écriture est japonaise. Elle confirme vos doutes vis à vis de la firme, Yamata no Orochi, dont le siège se trouve à Tokyo. Nathaniel ne parvient toutefois pas à traduire les idéogrammes, faute au nombre exorbitant de kanjis existants. Vous vous retrouvez donc dans cette ruelle isolée, sans réseau et aux multiples possibilités : les agents ennemis ont un coup d'avance sur vous, alors ne perdez pas de temps.
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MessageDim 13 Sep - 19:26

Ambiance sonore:
 

Mon initiative porte ses fruits : salle vide, traces de sang, bruit de moteur au loin. Deux hypothèses me viennent à l'esprit : soit notre blessé est une femme soumise à ses menstruations, soit il vient d'être kidnappé par la présence et ses consœurs.

Les yeux alertes de la petite s'ancrent sur un bout de tissu vraisemblablement arraché à Clark Thompson. Jolie trouvaille - son chien pourrait être en mesure de traquer le disparu. Ni une, ni deux, je me rue vers la ruelle ; seuls les pas rapides de Mr. Castle Junior me répondent, le souffle encore chaud.

Il prend la parole, confirme mes craintes sur le second scénario : une voiture noire, massive, et sûrement blindée, vient de disparaître à l'horizon. John propose un plan simple mais efficace : suivre la voiture dans ce dédale urbain qu'est Darkside. Pas le choix, nous abandonnons le Haitian Food derrière nous et nous faufilons dans le clair-obscur pour rejoindre nos invités surprises.

Je passe devant, Nathaniel reste au milieu et Aline et son... canidé font l'arrière garde, l'instinct d'Emil pourrait être utile si on nous prend à revers.

J'acquiesce mais rejoins néanmoins ses côtés - vu la largeur de la ruelle, il est aisé de se déplacer à deux, trois, voire quatre personnes alignées les unes à côté des autres. Nous avançons, en silence, ma main sur le manche de mon arme. Une poignée de secondes suffisent pour que la plaque d'immatriculation du véhicule se dessine devant nous. Une plaque japonaise. Tant mieux, ça ne fait que confirmer nos doutes sur l'implication du dragon à huit têtes. Nous avançons, encore. La voiture semble s'être arrêtée devant une vieille enseigne. Un fleuriste dont l'emplacement devait handicaper son chiffre d'affaires, d'où son allure abandonnée. Aussi, derrière nous, une entrée pour les égouts se cache timidement dans l'ombre.

Les portes aux vitres teintées sont ouvertes. Il n'y a personne. Peut-être ont-ils vingt secondes d'avance ? Peut-être plus. Une chose est sûre : il ne faut pas tarder. Je faufile ma tête à l'intérieur et aperçois un petit mot sur le siège avant. Du japonais. Les souris veulent-elles danser avec les chats ? Entre l'écriture grossière et la difficulté inhérente aux kanjis, je suis incapable d'en cerner le sens. Est-ce que ce symbole veut dire... ? non, ce n'est pas ça. Vraiment pas.

Aline, peux-tu me décrypter ça ? Mon japonais est rouillé. (Note à moi-même : faire un stage de formation au pays du soleil levant.) Tu as trente secondes, il faut que nous avancions. (Je me torture les doigts. Mauvaise habitude.) Deux choix, encore. Un aller simple pour les égouts, direction on-contourne-le-blocus-policier-par-dessous ; ou cette ruine croulante qui pourrait - avec un peu de chance - accueillir une Armoire à disparaître. Harry Potter, un classique.

Les hommes en noirs gagnent du temps. J'avance vers l'entrée des égouts.
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MessageJeu 17 Sep - 13:26

Nathaniel nous a rapidement rejoint, et nous nous sommes enfoncés dans la ruelle. La voiture était un peu plus loin, à l'arrêt. Et rien, pas un bruit, pas un mot. Ce qui, en soit, était plutôt étrange. Emil montre les crocs, visiblement peu rassuré par ce calme pesant. Il y a d'autres chiens qui aboient, dans les ruelles à côté, et je m'efforce de caresser doucement son museau pour éviter qu'il ne se mette à leur répondre. Certes, on s'est fait devancé, mais donner notre position, c'est leur donner un avantage stratégique, et ce n'est pas ce que nous voulons. Les quatre portières de la voiture noire sont ouvertes. Évidemment, il n'y a plus personne à l'intérieur, et la plaque d'immatriculation ne me dit rien du tout.  Le plus âgé s'avance et examine rapidement la voiture avant de me demander de traduire du japonais. Un instant, je le regarde, perplexe.

« Euh... Aux dernières nouvelles, je ne parle pas japonais... Mais je peux toujours demander à google translate. »

A condition que j'ai du réseau pendant suffisamment longtemps pour demander à google. Je regarde mes camarades et je leur montre Emil.

« Si vous voulez évitez qu'il aboie, l'un de vous deux à intérêt à lui caresser le museau. C'est la seule chose qui le calme. Et tenez, aussi. Le bout de tissu. Si vous ne savez pas par où passer, lui le saura peut être. Ah et, il mord si on lui touche le bout de l'oreille. Je n'ai jamais compris pourquoi. Bon, maintenant, je passe en mode recherche. »

J'ouvre rapidement l'ordinateur, et m'efforce de récupérer les idéogrammes japonais griffonnés sur le bout de papier. Pour ça, rien de plus utile que Wikipedia et sa liste d'hiraganas/katanas. Ça, ça va, c'est plutôt facile. Tiens, j'essayerais d'apprendre le japonais un de ces jours, ça a l'air marrant. Enfin marrant... Reste le plus dur désormais. Mon ordi rame un peu pour charger les pages, mais, il finit par y arriver. Mauvais signe, ça. Et pour les kanjis, heu... … doit bien y avoir une liste aussi... Je trouve non sans mal ces petits idéogrammes sur un site trouvé sur google, qui répertorie les kanjis par grade. Je passe un temps fou à poser mes yeux sur ces symboles et ceux indiqués par Nathaniel pour espérer pouvoir trouver une signification correcte. Ils avaient vraiment besoin d'en mettre autant ? Je prends sans doute plus de temps que prévu, à chercher tout ça, mais je suis tellement dans ma bulle que ça n'a pas trop d'importance pour moi. Non sans mal, je parviens à retrouver les kanjis sur le papier. Un petit copier/collé, et il ne me reste plus que la traduction. Puis, la phrase emballée, je l'expédie à google translate, en espérant que le réseau ne me lâche pas maintenant.

HRP - Je laisse à notre modérateur le soin de décider si le réseau me permet la traduction ou non.
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